Principe d’Echange et d’Évaluation par les Pairs
Dans la Cité de Shou, l’excellence institutionnelle n’est jamais considérée comme acquise. Toute structure qui se fige dans ses certitudes s’expose progressivement à l’entre-soi, à l’obsolescence de ses pratiques et à une perte silencieuse de sens. L’exemplarité véritable est un mouvement, non un état.
À ce titre, les instances administratives, politiques et institutionnelles de la cité s’inscrivent dans une dynamique permanente d’échange avec leurs homologues. Inspiré des mécanismes de la recherche scientifique et de l’évaluation académique, ce principe repose sur le regard éclairé de pairs compétents, extérieurs à l’institution observée mais confrontés à des responsabilités comparables.
Ces échanges prennent la forme de missions croisées, de rencontres régulières et de dispositifs d’évaluation par les pairs. Leur objectif n’est ni le classement, ni la sanction, ni la mise en concurrence, mais la compréhension fine des pratiques en place, de leurs forces, de leurs limites et de leurs angles morts.
L’évaluation sert avant tout à cartographier les modes de fonctionnement, à identifier des axes d’amélioration et à signaler les processus devenus inadaptés face à l’évolution des réalités sociales, culturelles ou techniques. Elle constitue un outil de lucidité collective, non un instrument de contrôle.
Les différentes Cités de Shou forment ainsi un réseau d’institutions apprenantes, au sein duquel circulent les idées, les méthodes et les retours d’expérience. Cette circulation protège chaque cité contre l’isolement intellectuel, tout en respectant la singularité de ses choix locaux et de son histoire propre.
Ce principe affirme qu’aucune organisation, aussi vertueuse soit-elle à un instant donné, ne peut prétendre à la perfection durable sans un dialogue continu avec ses pairs. L’exemplarité ne se proclame pas : elle se construit, se confronte et se renouvelle.
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