La Cité de Shou

Fiches de principes fondateurs

Principe d’Aptitude Émotionnelle à la Décision Collective

Dans la Cité de Shou, le pouvoir de décider pour autrui est reconnu comme une responsabilité majeure, engageant non seulement des compétences techniques et intellectuelles, mais aussi une stabilité émotionnelle profonde. Décider pour la sphère publique exige une liberté intérieure suffisante pour ne pas confondre l’intérêt commun avec ses peurs, ses blessures ou ses pulsions.

Ce principe repose sur un constat simple : une personnalité fortement marquée par des traumatismes non élaborés, des dynamiques d’asservissement ou des schémas relationnels toxiques ne décide pas librement. Elle agit à travers des biais perceptifs puissants, souvent invisibles pour elle-même, mais potentiellement destructeurs à l’échelle collective.

Gouverner suppose d’être suffisamment libre de soi pour ne pas gouverner par ses blessures.

En conséquence, l’accès à toute fonction de décision, politique, administrative ou institutionnelle, est conditionné à l’obtention d’un certificat d’aptitude émotionnelle et de stabilité décisionnelle. Ce certificat est délivré à l’issue d’un processus obligatoire, identique pour tous, indépendant des orientations politiques ou idéologiques.

Ce processus comprend : une formation approfondie à la compréhension des émotions, des mécanismes de projection et des biais cognitifs ; une évaluation d’aptitude émotionnelle conduite selon des critères transparents ; et, le cas échéant, un accompagnement thérapeutique ou formatif spécifique destiné à renforcer la capacité décisionnelle libre et consciente.

À l’issue de ce parcours, un permis d’exercice décisionnel est délivré, sur un modèle comparable à celui du permis de conduire. Il atteste non d’une perfection psychique, mais d’une capacité suffisante à reconnaître, contenir et réguler ses propres états internes dans l’exercice du pouvoir.

La maturité émotionnelle est une infrastructure invisible du bien commun.

Le coût intégral de cette procédure, formation, évaluation et accompagnement éventuel, est pris en charge par la Cité de Shou, afin de garantir l’égalité d’accès aux fonctions publiques. En contrepartie, les bénéficiaires s’engagent à se porter candidats à une fonction de décision dans un délai maximal de trois ans. À défaut, les frais engagés peuvent être partiellement ou intégralement remboursés.

Le principe d’attention émotionnelle ne s’arrête pas à l’accès aux fonctions. Il s’applique également pendant leur exercice. Ainsi, une personne confrontée à un traumatisme grave et récent dans sa vie personnelle peut être temporairement suspendue de ses fonctions décisionnelles, le temps nécessaire à la stabilisation, sans stigmatisation ni sanction.

Par ce principe de précaution, la Cité de Shou affirme que la liberté décisionnelle est une compétence qui se cultive, se protège et s’accompagne. Préserver la santé émotionnelle de ceux qui gouvernent, c’est protéger durablement la cité elle-même.

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